La guérison de Faith

Traduit par gabrielle.

 

Ce snack-bar n’était pas vraiment le genre d’endroit qu’aimait Faith. Après quelques années de crasse et de négligence, c’était à peine accueillant, malgré quelques signes montrant que quelqu’un s’en était préoccupé, un jour. Mais même s’il y avait plus de traces de cigarettes et de taches de nourritures que de toile cirée, les rideaux, au moins, étaient assortis aux nappes. Il y avait de mignons petits sous-verres sous des bouts de chandelles trapues sur chaque table et des photos de quelques vies heureuses encadrées sur les murs : des gamins jouant dans des parcs, des pique-niques et des barbecues. Les photographies montraient des gens trop laids pour être des modèles et leurs hamburgers étaient trop carbonisés pour être autre chose que vrai. Faith ne croyait pas à l’intimité ou aux familles heureuses aimant les sorties, ou que la nourriture ici ait jamais passé l’inspection sanitaire, même si un certificat jaune collé sur la porte promettait que ce fut bien le cas. Mais à deux heures du matin, quand le dernier bar qu’elle avait saccagé lui avait signifié énergiquement qu’elle n’était pas la bienvenue aussi longtemps qu’ils se rappelleraient de son visage, c’était tout ce qu’elle pouvait se permettre jusqu’au matin.

 

La femme derrière le comptoir devait approcher des 45 ans, avait le bout des doigts tâchés par la nicotine, des cheveux cassants, sans couleur tiré en arrière en un chignon malpropre. Son seul commentaire à l’entrée de Faith fut d’écraser sa cigarette dans un cendrier et de regarder la cafetière.

 

Faith fit oui de la tête, testant automatiquement le poids de la monnaie tintant dans la poche de son jean. Il semblait qu’elle pourrait se permettre cette commande. Elle devait peut-être avoir 3 dollars, probablement assez pour un muffin ou quelque chose qui stopperait la douleur dans son estomac, au moins jusqu’à ce qu’elle trouve un idiot prêt à lui payer un repas dans l’espoir de la mettre dans son lit. Ça n’arriverait pas si elle ne pouvait pas se laver un peu. Alors elle pourrait se lancer. Si le gars était suffisamment décent, cela pourrait marcher pour eux deux. Mais aucun gars décent ne draguait dans cette partie de la ville à cette heure de la nuit – ou si c’était le cas, il ne serait pas à la recherche juste d’un coup rapide. Donc c’était le snack-bar jusqu’à l’aube, et ensuite il lui faudrait trouver un endroit où dormir.

 

Le café était chaud et avait un goût de brûlé. Faith prit la tasse entre ses deux mains.

La chaleur, au moins, était la bienvenue et le goût amer – mais elle avait mis des choses bien pires dans sa bouche, donc…

Cela la changeait du goût de l’alcool éventé. Elle n’avait jamais à s’inquiéter de payer ses boissons. Il y avait toujours suffisamment de personnes pour lui en offrir autant qu’elle pouvait avaler. Si elle avait été une optimiste, cela aurait probablement compté comme un avantage. Comme elle ne l’était pas, elle acceptait les boissons et remerciait en épuisant ses partenaires potentiels sur la piste de danse. C’était le mieux que la vie avait à lui offrir, et c’était bien peu. Mais Faith acceptait cela. Elle pouvait oublier le désordre qu’était sa vie tant qu’elle dansait.

 

La serveuse revint et fit les gros yeux en voyant la tasse à peine entamée de Faith. Elle savait probablement qu’elle n’en tirerait pas le moindre pourboire. Avec un regard irrité, elle prit la cafetière pour un autre box au fond du snack. Faith jeta un œil par dessus son épaule. Elle n’avait pas vu qu’il y avait d’autres clients. Elle aurait voulu avoir l’endroit pour elle seule. Elle pouvait ignorer la serveuse. Elle avait des années d’entraînement à cet exercice. Les autres, trop souvent, voulaient parler, partager les heures finissantes de la nuit, d’essayer un dernier coup. Faith n’était pas d’humeur.

 

Jusqu’à ce que le bras de la serveuse bouge pour verser le café et que Faith voit le visage de la fille.

 

Elle avait allumé la bougie au milieu de la table, quoique la mèche ait été trop longue et la flamme était à peine un point de lumière flottant dans une flaque de cire. Sa peau était pâle et ses cheveux longs pendants sur une épaule, blonds, sales et emmêlés. Ses yeux étaient profonds, d’un bleu brillant et elle pleurait. La lueur jaune graisseux de la chandelle se reflétait dans les larmes coulant au bas de son visage. Bien sûr, la serveuse l’avait vu mais elle avait sans doute vu bien pire dans ce dépotoir des années durant. Faith se dit que, comme elle, la serveuse avait dû apprendre à ignorer les problèmes qui n’étaient pas les siens. De plus, la fille ne faisait aucun bruit, et elle sourit légèrement quand la serveuse revint lui remplir sa tasse. Mais les larmes continuaient de couler le long de ses joues, silencieusement, et quand la serveuse s’éloigna, la fille pencha sa tête en avant jusqu’à ce que ses cheveux cachent son visage. Faith se retourna sur sa tasse de café mais le visage de la fille ne la quittait pas. Elle se mordit la lèvre, fit tourner le café huileux dans sa tasse puis finalement l’arrêta si brutalement qu’un peu se renversa sur la soucoupe. Elle balança ses jambes du tabouret de bar et se dirigea vers le box de la fille.

 

« Hé, personne n’est assis là, non ? » demanda-t-elle en se jetant sur le siège capitonné en face de la fille sans attendre la permission.

 

La fille, leva la tête, effrayée . « N-Non » dit-elle et rougit. Rapidement, elle essuya ses larmes et essaya de sniffer discrètement. Elle tenta de se reprendre, mais à la place, sa respiration s’étrangla en un sanglot étouffé.

 

Faith tapota des doigts sur la table et regarda par la fenêtre crasseuse, faisant semblant de ne rien remarquer. Flûte, elle ne savait pas pourquoi elle était venue ici. Elle se souvint quand elle avait atterri ici, venant de Boston, brisée. La première semaine, elle était presque morte de faim et avait reçu une correction pire encore que celles que lui infligeait son père à la maison. Cette fille avait ce regard, de quelqu’un livré à lui-même pour la première fois. Faith était passée par là, pour sûr, mais elle était nulle pour aider les gens. Elle ne voulait jamais vraiment aider, d’ailleurs. Ça ne se faisait simplement pas. C’était tout en haut de la liste des règles qu’elle s’était fixées et qui lui permettaient de continuer, jour après jour.

 

C’était la façon dont les larmes tombaient, décida Faith, comme si la fille était si terrorisée et incertaine qu’elle n’était même pas sûre de savoir qu’ elle pleurait. Ce genre de larmes qui vous déchirent le cœur, même bien après que vous ayez décidé que vous n’en aviez pas.

 

Faith soupira et tira un paquet de cigarettes à moitié écrasé de la poche de son blouson. Maintenant qu’elle était là, elle n’avait aucune idée de quoi dire. La bougie vacilla entre elles, bafouillant doucement. Faith alluma sa cigarette, la première bouffé de fumée frappant ses poumons avec plaisir.

 

La fille tourna la tête, et Faith suivit son regard. Il y avait un panneau « interdiction de fumer » collé sur la fenêtre, sale et enfumée.

 

« Tu plaisantes » fit Faith.

 

La fille battit en retraite avec un petit haussement d’ épaule.

 

« Tu penses que quelqu’un fait attention à ça ? » demanda Faith. Cette fille était vraiment cinglée si elle pensait que les gens faisaient ce que les petits panneaux disaient. Personne ici n’écoutait jusqu’à ce que les flics sortent les mégaphones et parfois même pas.

 

«  Cette putain de serveuse fume depuis que je suis arrivée » fit-elle remarquer.

 

Un autre geste.

 

Faith était sur le point de lever la main et de partir, pleurs ou non, mais la fille la regardait depuis derrière la chute de ses cheveux et maintenant, il y avait comme une lueur de défi dans ses yeux. Vraiment. Timide et effrayée mais voulant se battre jusqu’au bout pour l’étendue de la zone fumeur. Peut-être qu’il y avait quelque chose en elle finalement. Faith fit un reniflement amusé et écrasa sa cigarette sur la table, au milieu des autres marques de brûlures.

 

« Donc, peut-être veux-tu abandonner cet endroit ? Pas de loi contre fumer dehors j’espère ? »

 

« C-C’est mauvais pour toi. » fit la fille, sérieusement, comme si Faith n’avait pas vu et ignoré les poumons noirs et décomposés sur chaque paquet de cigarettes qu’elle ouvrait.

 

« J’ai prévu de mourir jeune » dit Faith. Le fait était que ce n’était pas vraiment un plan mais plus une probabilité immédiate qui ne la dérangeait pas actuellement. « Je veux laisser un joli cadavre »

 

« Ce serait le cas » dit la fille avec un sourire de biais.

 

Faith fronça les sourcils, les possibilités de cette rencontre devenaient soudain beaucoup plus intéressantes. Elle laissa sa langue effleurer sa lèvre inférieure de façon à la mouiller. Les yeux de la fille suivirent son geste. Faith se rassit et sourit, particulièrement satisfaite d’elle. Possibilités définies. « Je suis Faith. Tu as un nom ? »

 

« T-Tara »

 

Faith inclina la tête. « Donc, laisse moi deviner, tu viens juste d’arriver en ville et tu n’as pas encore de logement » Elle était disposée à laisser à Tara la dignité qui lui restait et à feindre qu’elle n’avait juste pas eu le temps de trouver un hôtel – comme si il y avait une chance qu’elle choisisse de s’asseoir dans ce café miteux à trois heures du matin si elle avait le choix.

 

« Non » fit Tara. Et cette lueur de défi revint. Elle avait donc quelque chose de fort sous cette réserve. Faith aimait ça.

 

« Ok. Si tu veux, je connais un endroit »

 

Tara hésita. Elle pensait probablement que Faith voulait parler de chez elle, ce qui n’était qu’à moitié une mauvaise idée. Malheureusement, la dernière fois qu’elle avait eu un toit au dessus de la tête, c’était à Boston. Et même alors, il ne valait pas grand-chose.

 

« Vraiment » dit-elle. « Je ne vais pas t’attaquer ou quelque chose d’autre… J’ai juste … pensé que je pourrais aider… ». Elle gesticulait en s’excusant, sûrement parce que Tara ne savais pas pourquoi elle voudrait aider. Faith, de son côté, ne savait pas pourquoi quelqu’un voudrait de son aide, même si elle était offerte.

 

Mais Tara sourit, d’une moitié de grimace étrangement adorable, et Faith ne put s’empêcher de sourire en retour. Ok, peut-être qu’une bonne action ne faisait pas exactement d’elle un super héros mais elle se sentait mieux de savoir que Tara se serait pas seule dans la nuit de L.A. C’était salement dangereux dehors.

 

Bien qu’elle n’ait pas touché à son café, Faith laissa ses trois dollars sur la table et éloigna l’argent de Tara.

 

Ça aussi, c’était bon.

 

 

*

 

« C’est après le couvre-feu » se plaignit une voix stridente alors que les lumières s’allumaient et qu’une série de déverrouillages se faisait entendre. Tara commença à reculer mais Faith attrapa sa main et secoua la tête. Finalement la porte s’ouvrit et un visage apparut, dévisageant Faith.

 

« Ah, c’est toi. Nous sommes complets. »

 

«  Oh, allez Anya, tu sais que tu vas me laisser entrer. » La cajola Faith. « Autrement je continuerai simplement de frapper »

 

« Tu es une emmerdeuse »

 

“Tu t’en étais déjà rendue compte, non ?”

 

« Je pourrais appeler la police »

 

« Tu détestes la police »

 

Anya inclina la tête, considérant cela. « Tu as raison » dit-elle en fronçant les sourcils, puis s’éclaira. « Je pourrais lâcher les chiens »

 

« Rover et Fido m’aiment Anya » Faith fit un clin d’œil à Tara.

 

« Humm… » Anya hocha la tête. « Cela me laisse deux options : acheter des boules quiés ou te tuer là tout de suite. Où ai-je donc posé ma batte de baseball… ?»

 

« J’ai quelqu’un avec moi qui a besoin d’un endroit où dorimir. Une nuit, je te le promets »

 

« Bien, pourquoi ne l’as tu pas dit avant ! » Anya ouvrit la porte en grand. « Je pense qu’il reste peut-être un lit. Deuxième étage, première porte sur ta droite. Les draps sont dans le placard, pas de drogues ici, petit-déjeuner à huit heures.»

 

Faith tira la main de Tara pour la pousser dans le petit hall d’entrée. « Anya, voici Tara. Tara, voici Anya Jenkins. Ne l’écoute pas. »

 

Anya pinça ses lèvres et étudia Tara. « Je t’aime bien »

 

Tara fit un sourire incertain. « M-Merci. »

 

Anya hocha la tête puis se retourna vers Faith. « Pas de fraternisation ici »

 

« Tu n’aimes pas que les gens baisent chez toi. » Faith haussa les épaules. « Ne t’inquiètes pas, je vais m’éclipser. »

 

Tara ouvrit la bouche pour dire quelque chose, puis pencha la tête en arrière en voûtant les épaules. Anya fit quelque chose approchant « Humm » et claqua la porte derrière Faith.

 

« J’ai aussi un canapé dans la salle commune »

 

Faith grimaça. « Je savais que tu m’aimais »

 

Anya croisa les bras. « Tu es arrogante, preneuse de risques chronique, tu refuses de vivre à ton potentiel. Mais parfois, tu fais les bons choix »

 

Faith balaya les mots. Anya insistait pour lui parler de ses « choix » à chaque choix qu’elle passait au centre. Elle considérait cela comme un moyen de payer à sa façon. Ecouter des sermons valait presque plus qu’un paiement en cash. “Viens Tar, je vais te montrer le chemin”

 

Elle garda sa main dans la sienne tout le long, bien que sa paume soit moite. Nerveuse, probablement. « C’est un endroit sympa » dit-elle.

 

« Il y en a d’autres mais celui d’Anya est meilleur que la plupart de ces trous miteux. Pas de nom de famille, pas de papiers. Rien si tu ne veux pas »

 

Elles trouvèrent la chambre et les draps. Faith les jeta sur le lit mais Tara insista pour border les coins. Faith la laissa faire. Elle aurait juste tout foiré. Elle s’assit sur une chaise près de la fenêtre, appuyée sur ses deux jambes et essaya de conserver ses doigts occupés. Quand Anya disait « pas de drogues », cela incluait fumer. Anya était très douce quand il s’agissait de laisser les gens entrer mais elle était également redoutable quand il s’agissait de les mettre dehors. Donc Faith remua ses doigts sur la chaise et observa Tara. La regarda vraiment, car Tara était jolie d’une façon qui ne vous frappait pas immédiatement. Cela venait au fur à mesure. Après un moment, vous réalisiez qu’elle était magnifique et vous ne pouviez comprendre pourquoi vous pensiez qu’elle n’avait rien de particulier juste avant. En faisant une corvée aussi simple que faire un lit, Tara était confiante et gracieuse, elle n’essayait pas de s’effacer comme elle l’avait fait plus tôt au restaurant ou quand Faith avait commencé à tambouriner à la porte d’Anya.

 

« Tu veux m’en parler ? » demanda Faith pendant que Tara était occupée à égaliser le haut du lit.

 

Elle s’arrêta et se retourna vers Faith, toujours agenouillée sur le sol. « Te parler de quoi ? » demanda-t-elle. Pas de trace de bégaiement. Faith se demanda pour combien d’autres personnes Tara avait usé de ce ton d’acier. Elle avait l’air d’un petit chien battu mais elle pouvait aussi montrer les dents.

 

Faith haussa les épaules. Elle ne voulait pas que quiconque l’interroge sur sa propre vie, il n’y avait donc aucune raison de mettre Tara sur la défensive. Tout le monde avait ses secrets. Peut-être avait-elle imaginé que Tara était du genre à parler, à vouloir tout sortir, peut-être à pleurer comme cela se faisait chez Oprah ou dans ces groupes de thérapies qu’Anya tenait tous les soirs. Faith les avait vu, s’étreindre et sangloter et faisant de grandes histoires de leurs problèmes. Elle n’était pas là souvent mais voir ça lui donnait toujours l’envie de repartir. Donc, Tara ne voulait pas parler. Elle non plus d’ailleurs.

 

« Je vais retrouver mon canapé» fit-elle, en se levant et se dirigeant vers la porte. « Tout le confort d’un chez-soi»

 

« Ça n’a rien d’une chez-soi » dit Tara doucement mais durement. Elle se retourna vers les draps et commença à les passer sous le matelas, de façon à avoir des plis parfaits.

 

Faith resta debout dans l’embrasure de la porte, les mains dans les poches. « Ouais » fit-elle après un moment, pendant que Tara repliait et lissait. « Je sais »

 

Tara brossa encore une fois les draps, lissant des plis imaginaires. « Merci de m’avoir emmenée ici, Faith » Elle leva la tête. Ses yeux étaient incroyablement bleus, clairs et directs.

 

Faith détourna les yeux et murmura. « De rien » et ferma la porte. Elle la regarda les sourcils froncés, pendant un moment, sentant son estomac se tordre quelque peu. Elle se raidit, et serra les poings. Elle voulait frapper quelque chose, donner des coups de pieds et elle n’avait aucune idée de pourquoi. Merde.

 

Elle claqua des pieds en descendant les escaliers et espéra ruiner les bons rêves de quelqu’un. Dans la salle commune, il y eut un cliquetis de griffes sur le sol et deux beagles vinrent en se bousculant depuis la cuisine pour lui sauter dessus. « Salut les gars » dit Faith en les laissant lui lécher la main. Anya était si ennuyeusement littérale quand il s’agissait de donner un nom aux animaux de compagnie du centre. Faith gratta derrière les oreilles de Fido jusqu’à ce qu’il se tortille comme un fou. Rover remuait la queue, attendant son tour. Puis les deux sautèrent sur le canapé.

 

« Nous sommes complets » leur dit Faith mais lorsqu’elle s’allongea et qu’ils s’entortillèrent autour de ses jambes, elle les laissa rester.

 

*

 

La meilleure chose à propos du centre, c’est qu’il ne manquait jamais d’eau chaude. Les autres occupants pouvaient enfoncer la porte et vous étrangler si vous preniez trop de temps mais vous n’aviez jamais à bondir hors de la douche parce que tout d’un coup l’océan antarctique vous tombait sur le dos.

 

Faith resta un long moment. Elle pouvait dormir comme un loir quand elle voulait et le petit déjeuner était bel et bien fini, donc il n’y avait plus vraiment de compétition. Malgré tout, elle voulait sortir de là rapidement. Si elle traînait trop longtemps dans les parages, Anya lui enjoindrait de se joindre au groupe sur la recherche d’emploi ou sur l’obtention d’équivalences du lycée. Non merci. Elle voulait traîner, trouver un moyen de tuer le temps jusqu’à l’ouverture du club. Elle ne renonçait pas à son vendredi soir.

 

Elle récupéra quelques vêtements dans la buanderie d’Anya, qu’elle avait laissé là la dernière fois qu’elle était passée en coup de vent. Le jean propre qu’elle trouva était largement amorti, mais il lui restait encore du temps à faire. Il y avait un petit trou juste sous une des poches des fesses qui s’agrandissait à chaque fois qu’elle le mettait mais ce n’était pas comme si elle allait se plaindre de ça. Faith jeta ce qu’elle portait dans le panier en espérant les retrouver la prochaine fois qu’elle en aurait besoin.

 

Sa prochaine tache consista à rechercher de la nourriture. Une odeur de vaisselle et de bacon provenait de la cuisine. Faith passa sa tête dans l’embrasure de la porte et vit Tara frotter des assiettes. Elle se concentrait sur chacune comme si elle lavait des porcelaines hors de prix et non des tupperwares.

 

« Salut » dit Faith, en souriant à sa vue. Il semblait qu’Anya avait récupéré des vêtements pour Tara. Dieu, cela lui allait bien. Le chandail était trop grand et le jean usé trop petit. Juste de quoi vous donner envie de laisser vos mains courir partout. Tara sursauta et se retourna avec un petit cri. Ses yeux étaient larges, et elle retenait son souffle, regardant vers le bas. « F-Faith » dit-elle, reprenant son souffle. « T-T-Tu-Tu m’as e-effrayée »

 

« Désolée » Faith resta à la porte, incertaine, pas sure de vouloir rentrer dans la cuisine après avoir à moitié tuée Tara avec une attaque cardiaque. Tara semblait si petite, bien qu’elle soit un petit peu plus grande que Faith, et plus solidement bâtie. Elle faisait ce truc de s’effacer, encore une fois, se recroquevillant derrière l’évier comme si elle s’attendait à recevoir un coup pour avoir été surprise. Mon dieu, elle l’attendait probablement. Les gens qui vivent où tout est soleil et roses ne se mettent pas à pleurer dans un snack-bar de Los-Angeles au milieu de la nuit.

 

Faith avança dans la pièce doucement, essayant de ne pas faire de mouvements brusques. Elle commença à ouvrir des placards au hasard, à la recherche de quelque chose d’intéressant. « Anya t’a déjà mise au travail » offrit-elle, au cas où Tara voudrait feindre que tout allait bien.

Tara se relaxa lentement. Elle attrapa un torchon et essuya l’eau savonneuse qui s’était renversé à son sursaut. « C’-c’est le moins que je puisse faire » dit-elle en retournant à sa vaisselle. « Elle me laisse rester si je v-veux. Elle dit qu’elle peut m’aider à trouver un boulot. »

 

« Donc, comment vas-tu me rembourser ? » Demanda Faith avec un regard entendu, . « Je ne recommande pas cet endroit à n’importe qui tu sais »

 

Tara rougit. Faith pouvait juste voir une petite partie de son visage, tourné légèrement vers elle, le reste de son attention tourné vers les plats. Tara était vraiment magnifique, d’une manière si douce qu’à chaque fois que vous le remarquiez, cela vous frappait tout autant que la première fois. Les mains de Tara s’interrompirent puis recommencèrent à laver et rincer.

 

« J’avais une petite amie chez moi » dit-elle.

 

Faith sauta d’un pied sur le comptoir derrière Tara avec une boite de Lucky Charms qu’elle venait de trouver. “Ouais ?” dit-elle en prenant une poignée et en les enfournant dans sa bouche. « Comment s’appelle-t-elle ? »

 

« Buffy »

 

Faith s’étrangla avec ses Lucky charms. « C’est un nom ? »

 

Tara reposa un plat et passa au suivant. « Oui » murmura-t-elle fermement. Donc ok, pas de rire au nom de la petite amie.

 

Faith craqua pour de petits marshmallows, laissant le sucre descendre en elle et la réveiller. Mieux que le café. Après une pause, elle demanda.

 

« Comment était-elle ? »

 

« Elle était… Elle semblait vraiment forte » dit Tara. « Tout le monde l’aimait. Elle était comme… la lueur du soleil. Amicale et … Pas comme moi. »

 

« Pas comme toi n’est pas tout à fait un compliment » fit Faith. Elle balança ses jambes, frappant ses talons contre les tiroirs sous elle.

 

« Je, Je… Merci » Tara finit le dernier plat et se retourna. « Je voulais le dire. Bien que… Mais elle non. Elle ne voulait pas que ses amis sachent. »

 

Faith haussa les sourcils. Elle connaissait ce genre. Lui donnant cinq minutes avec elles dans une allée derrière un bar et ensuite la repoussant parce que quelqu’un pourrait les avoir vues. Elles semblaient pouvoir manipuler n’importe quoi mais donnez leur une toute petite chose dont on pourrait parler derrière leur dos et elles s’effondrent. Faith détestait parfois les gars avec qui elle couchait ou les raisons pour lesquelles elle devait le faire mais les filles qui viraient froides comme ça étaient encore pires. Cela la faisait se détester, juste parce qu’elle s’en foutait de qui voyait. Tara ne méritait pas ça. Faith venait juste de la rencontrer mais elle savait ça. « Ça craint » dit-elle. « Quelle connasse »

 

« C’est… c’est ce que j’ai pensé. Donc je lui ai dit que c’était fini. Je suis allée lui dire au revoir. » Tara croisa les bras et cligna des yeux pour chasser des larmes.

 

« Et elle avait raison. Mon frère nous a vues. Il l’au-aura dit à mon père. »

 

 

Faith reposa la boite de céréales, soudainement froide. Son père. « Et c’est pourquoi… »

 

Tara croisa son regard. « Ouais »

 

Faith hocha la tête lentement. « Ok ». Elle balaya un pied contre l’extérieur de la cuisse de Tara et sourit. « Donc… Veux-tu sortir ce soir ? »

 

Ce fut la première fois qu’elle vit un grand sourire de Tara, joyeux et intriguant. « C’est le moins que je puisse faire »

 

*

 

Le club était toujours bruyant et plein de monde, deux choses que Faith aimait énormément. Il était proche du centre et les femmes ne payaient pas l’entrée chaque second vendredi, ce qui était également utile. La basse frappait sourdement et de façon insistante. Tara semblait douteuse, mais Faith la poussa à l’intérieur et vint ensuite prés d’elle pour lui hurler dans l’oreille « Fais moi confiance ! »

 

Tara jeta un œil aux danseurs et aux personnes assises au bar. Elle répondit : « Je te fais confiance. Mais toutes ces autres personnes… » Sa voix parvint à porter malgré le vacarme bien qu’elle n’ait pas crié.

 

Faith la tira jusqu’à la piste de danse. Elles avaient trouvé une chemise pour Tara qui était plus décolletée que confortable. Faith avait grogné d’approbation quand elle avait finalement pu sortir Tara de sa chambre. Et depuis Tara la portait bien, sans essayer de reculer ou de disparaître. Ce n’était pas le genre de chemise dans laquelle vous disparaissiez mais plutôt le genre que les autres personnes voudraient faire disparaître de vous. Au goût de Faith, en d’autres mots.

 

La musique traversa son corps et Faith voulut se laisser aller dans la force du rythme. Tara ne semblait pas savoir danser comme ça, comment laisser le rythme prendre tout votre corps. Avant, Tara se balançait probablement maladroitement sur des slows ou restait collée au mur. Faith voulait plus que tout lui enseigner tout ce qu’elle avait manqué.

 

« Viens ! » hurla-t-elle, insouciante et cette fois elle attrapa Tara par la boucle de la ceinture l’attirant trop prés pour du simple réconfort. Le réconfort était la dernière chose dont elle avait besoin. Dure et forte et une cuisse entre ses jambes, mains sur ses hanches,

se collant à elle de plus en plus. Ouais. Juste comme cela.

 

Tara bougea avec précaution d’abord mais Faith laissa ses mains glisser plus bas et lui montra comment c’était. Tara se pencha en avant, ses lèvres prés de l’oreille de Faith. « Es es-tu sure … »

 

« Ouais » indiqua Faith laissant sa voix s’enrouer. « Ouais, allez ! Tu t’amuses non ? »

 

« Oui… »

 

« T’en fais pas, personne ne fait attention ici » Faith agita ses sourcils en un geste de défi et se rapprocha encore. « En outre, tu es magnifique»

 

Tara devint rouge pivoine et pencha sa tête. « Je-je ne… »

 

« Je pensais que tu me faisais confiance ? »

 

Tara releva la tête, souriant malgré elle. « Ouais »

 

« Donc, tu es magnifique »

 

Tara ne répondit pas mais ce qui restait de tension s’évanouit et elle dansa vraiment. Faith inspira et retint son souffle un moment jusqu’à ce qu’elle en soit étourdie et que les lumières vacillent auteur d’elles, si lentement que c’en était douloureux. Le rougissement de Tara s’évanouit puis revint alors qu’elle ressentait la chaleur due à l’effort et celle due à la pression de la jambe de Faith entre les siennes. Elle rejeta ses cheveux en arrière en fermant les yeux, s’abandonnant à la musique et à Faith.

 

Elles dansèrent jusqu’à l’épuisement, acceptant quelques boissons offertes par des gars qui pensaient qu’elles se donnaient juste en spectacle, et laissèrent la nuit couler autour d’elles. C’était salement beau, une des meilleures nuits que Faith ait jamais eue, et ce ne serait pas la première fois qu’elle ferait une entorse à la règle de non-baise d’Anya.

 

Faith aurait pu rester là toute la nuit, se révélant dans les lumières et la musique mais elle était impatiente, et de plus en plus excitée. Lorsqu’elle désigna la sortie de la tête, Tara hocha la tête et elles se faufilèrent dans la foule pour s’échapper. Les rues étaient humides et calmes et les taxis passaient prés d’elle en sifflant alors qu’elles rentraient au centre. Tara était pompette et riait nerveusement. Faith avait poussé le premier verre dans sa main, insistant sur le fait que le gars qui l’avait offert l’avait fait pour elle et que ce serait impoli de refuser. Après ça, Tara n’avait plus refusé et avait accepté les boissons avec un grave formalisme, tout en tournant le dos aux garçons dès qu’elle le pouvait. Faith éclata de rire lorsque Tara se prit les pieds dans le trottoir et qu’elle essaya de la rattraper.

 

A un pâté de maisons du centre, Tara trébucha directement dans ses bras et Faith abandonna l’attente et l’embrassa. Tara grogna de plaisir et l’embrassa à son tour en se penchant, et mon dieu, elle était si douce. Lèvres et seins pressés contre ceux de Faith. Combien de temps depuis… quel-était-son-nom ? Suffisamment longtemps pour oublier. Trop longtemps.

 

« Jésus, Tara… » murmura Faith en la poussant contre le mur de briques derrière elle. Elle traça les lèvres de Tara avec sa langue, l’embrassant plus profondément, pressant un petit peu jusqu’à ce que la bouche de Tara s’entrouvre sous la sienne. Elle avait le goût de citron et d’alcool. Ses cheveux sentaient la douceur, la fumée de bar et la pluie fraîche. Merde, elle était excitée et qui se préoccupait de savoir que le centre n’était qu’à quelques centaines de mètres de là ? La rue était déserte. A l’intérieur, il y avait des gens pour entendre, pour jaser. Et elles étaient là maintenant. Tara gémit un petit peu, ses mains entourant mollement la taille de Faith. Faith l’embrassa plus durement, faisant courir sa main de la hanche de Tara jusqu’à la fourche de son jean. Ouais. Ouais.

 

Tara s’extirpa du baiser, laissant sa tête reculer. « Hé… »

 

« Humm ? » Faith n’écoutait pas vraiment. Elle embrassa le cou de Tara, léchant jusqu‘à la clavicule, la peau exposée par sa chemise. Sa main était occupée sur la cuisse de Tara.

 

« F-Faith.. » Tara prit son poignet et le tint. « Attends… »

 

Faith s’arrêta et laissa Tara repousser sa main. « Tu veux aller à l’intérieur ? »

 

« Non… Je veux dire ou-oui » Tara s’écarta du mur, gardant une main sur les briques pour se tenir debout. « Mais… »

 

« Ne t’inquiètes pas pour Anya » Faith attira Tara contre elle de façon à ce qu’elle puisse s’appuyer sur elle pendant qu’elles marchaient. « Elle ne te mettra pas dehors ou quoi que ce soit »

 

« Ce n’est pas… Faith… » Les épaules de Tara étaient serrées sous son bras. « Je ne … Je ne veux pas, euh, fai-faire ça. » Faith s’arrêta immédiatement, se dégageant de Tara et recula d’un pas. Tara croisa les bras, se blottissant en elle-même comme si elle avait froid, ses longs cheveux tombant devant son visage comme un voile. « Quoi ? »

 

« C’est-c’est trop t-tôt »

 

« Tara, allez… » Faith se rapprocha, attrapa une main. Tara la repoussa. Faith recula de nouveau, frustrée et déconcertée. « Je t’apprécie, tu m’apprécies. Donc où le putain de problème ? »

 

« J’ai j-ju-juste… c-c’est… » La bouche de Tara essayait mais elle ne pouvait former les mots.

 

« Pourquoi es-tu sortie avec moi alors ? »

 

« Pou-pour m’a-amuser. Je pensais que c’était j-juste un rencart »

 

« C’était un rencart ! » Faith leva les mains. « C’est un rencart ! »

 

Tara secoua la tête et commença à marcher vers le centre, se faisant aussi petite que possible. Faith émit un reniflement dégoûté et s’éloigna. Retourner au centre était la dernière chose qu’elle voulait faire. « Putain d’allumeuse!» hurla-t-elle à personne en particulier. Elle était en colère comme jamais, elle avait passé un si bon moment, et maintenant il n’en restait que des cendres.

 

« F-Faith ! »

 

Faith se retourna. « Quoi ? Je pensais que tu voulais quelqu’un qui s’en foute d’être vue avec toi ? » Elle continuait de hurler, juste parce que les mots étaient là. Tara disparaissait devant elle mais elle ne s’en préoccupait pas. « Tu t’amusais assez comme ça tout à l’heure et maintenant tu vas arrêter là comme ça, pas vrai ? Comme si je n’étais pas assez bien ou quoi ? »

 

Tara continua juste de marcher. Faith la suivit, n’y croyant toujours pas, jusqu’à ce que Tara se tienne sur les marches du centre et commence à ouvrir la porte du centre avec la clé que lui avait prêté Anya. Faith regarda son dos, essayant de deviner où ça n’avait pas marché.

 

« Je pensais que tu me faisais confiance » dit-elle. Ça avait été une blague tout à l’heure. Parce que personne ne l’avait jamais fait, vraiment, jusqu’à Tara. Pourquoi devraient-ils d’ailleurs ? Aucune raison, vraiment aucune raison.

 

Tara regarda par dessus son épaule. De brillants yeux bleus qui avaient été si heureux plus tôt. « Je le pensais aussi, oui » dit-elle et elle se glissa à l’intérieur.

 

*

 

« Faith ! » Anya se tenait devant elle, une planchette à la main, et un sourire gai et déterminé sur le visage. « Mon bureau. Maintenant »

 

« Fais chier » Faith garda ses bottes sur la table de salon et regarda fixement à travers Anya. Elle était revenue finalement, car elle n’avait nulle part d’autre où aller et au moins ici, il y avait un sofa grumeleux avec son nom dessus. A la télé, derrière Anya, un type hurlant essayait de vendre une javel géniale. Faith essaya de s’intéresser à la javel.

 

« Tu dors sur mon canapé. Tu es sur ma liste comme résidente ici. Par conséquent, j’ai programmé une session de consultation face à face pour toi. » Anya pointa son stylo sur l’orteil de Faith. « Tu parleras de tes problèmes et je ferais semblant d’écouter et peut-être même de m’y intéresser. Ensuite, nous recommencerons à nous ignorer. Je pourrais convaincre de riches libéraux de me donner de l’argent et tu pourras retourner détruire ta vie »

 

Faith leva la tête. « Tu n’aides personne tu sais. Tu veux juste que ce stupide trophée de collecte de fonds reste dans ton bureau. »

 

Le sourire lumineux d’Anya ne se démentit pas. « Ai-je dit quoi que ce soit à propos d’aider ? » demanda-t-elle. « Non. De plus, tu as fait tout ton possible pour me convaincre que tu es au delà de l’aide. Et je me fous de ce trophée. L’argent, par contre… Et le buffet annuel de remise des prix. Il n’y a rien d’autres que des crevettes mais c’est un endroit sympa où aller si jamais tu aimes les crevettes… »

 

« Tu ne vas pas la fermer tant que je ne viendrais pas avec toi, non ? »

 

« Nous pouvons parler de tes problèmes ici aussi facilement. Je me fous de qui sait. Toi aussi. Donc ça devrait aller. »

 

Anya consulta sa planchette. « Donc, toi et Tara étiez dehors après le couvre-feu la nuit dernière… »

 

Faith regarda fixement Anya. Anya appuyait sur le bouton de son stylo : dedans, dehors, dedans, dehors…et leva les sourcils.

 

« Chier » Faith se mit sur ses pieds et enfonça ses mains dans ses poches. « Allons-y »

 

« Tu vois ? Tu es parfaitement capable de faire les bons choix. » Triomphante, Anya la mena jusqu’à son bureau et s’assit dans la chaise derrière le bureau, croisant ses mains devant elle et se penchant en avant. Faith se jeta dans le siège devant elle et balança sa jambe par dessus l’accoudoir. Elle savait de quoi elle avait l’air. Les conseillers d’orientation du lycée lui avaient dit une centaine de fois. Renfrognée. Non coopérative. Boudeuse. Et alors. Elle ne voulait pas être là et c’était le boulot à la con d’Anya. Elle avait un sourire indéfini mais cela ne voulait pas dire qu’elle se préoccupait d’elle. Et même si c’était le cas, rien ne serait réglé rapidement.

 

« Parfois, j’ai l’impression que je fais ça depuis des siècles. » dit Anya pensivement, en fixant quelque chose sur la gauche de Faith. « Ma satisfaction professionnelle n’est pas des plus grandes. Je n’arrête pas de leur dire de se débarrasser du nom « organisation sans but lucratif » mais personne n’écoute »

 

« Je pensais que nous étions là pour parler de mes problèmes »

 

Anya arqua un sourcil. « Je pensais que tu n’avais pas de problème. Tu sembles apprécier la façon dont ta vie se déroule »

 

«  Bien essayé »

 

« Donc tu n’es pas heureuse. Qui le serait à ta place ? Pas de maison, rien à faire à part ‘’trainer’, couchant de façon indéterminé avec n’importe qui proposant. Ce qui peut ne pas être toujours mauvais. Mais dangereux. »

 

Faith la regarda fixement. « Ce ne sont pas mes problèmes »

 

« Exact » Anya la fixa, et ses yeux s’étrécirent. « Ton problème c’est que tu ne vois pas quand quelqu’un essaie de t’aider »

 

« Oh, comme toi ? » demanda Faith. Elle commença à donner un coup de pied avec sa jambe, se demanda quand elle pourrait sortir de là. Elle n’avait pas besoin de ce putain de canapé.

 

« Non. Comme Tara »

 

Faith serra les dents et fixa le plancher.

 

« J’ai parlé avec elle ce matin »

 

Silence.

 

Anya soupira. « Les orgasmes sont un formidable moyen de se connecter avec les gens. Mais pas le seul moyen »

 

« Tu fais de putains de jolis discours » cracha Faith. Tara était le problème de personne à part le sien. Et de toutes façons, Faith n’avait pas besoin d’elle. Donc quoi si elle ne voulait pas baiser ? il y avait plein de personne dans le monde qui donnerait cher pour être avec elle.

 

« Tu as peur d’elle » dit Anya gaiement.

 

Faith cogna son pied sur le plancher. « Je croyais que tu devais me faire me sentir mieux »

 

« Je ne sais pas d’où tu sors toutes ces attentes. J’ai dit que j’écouterais »

 

« Tu ne fais pas ça non plus »

 

Anya regarda ses doigts pensivement. « Aimer quelqu’un est une chose très effrayante. Ils peuvent te blesser, te quitter ou mourir ou changer. Il faut être très fort pour être amoureux »

 

« Qu’es-tu en train de dire ? Que je suis amoureuse d’elle ? » Faith se mit sur ses pieds et commença à arpenter la pièce. « C’est taré ! On s’est rencontré hier ! C’était juste un rencart pour l’amour de Dieu !»

 

« Et tu ne laisseras pas ça aller plus loin. Tu vas la repousser » Anya secoua la tête. « C’est assez stupide, considérant combien elle semble t‘apprécier. Dieu seul sait pourquoi »

 

Faith s’arrêta et jeta un œil à Anya.

 

« Merci beaucoup »

 

« J’essaie. » Anya sourit de nouveau. « Tu détestes être vulnérable, tu es trop dure pour avoir besoin de quiconque, et tu penses que si tu tombais amoureuse, tu devrais changer. Mais parfois, tu fais les bons choix. »

 

Les choix. Ok. Cela revenait toujours à ça. Faith fit un reniflement dérisoire. « Un seul choix ne rendra pas ma vie meilleure »

 

« C’est vrai. Petits choix, petites conséquences. Pour l’instant : excuse toi auprès de Tara. Ou ne le fais pas » Anya regarda sa montre. « Nous en reparlerons la prochaine fois »

 

Faith ouvrit la bouche pour demander comment elle était sensée s’y prendre pour s’excuser mais Anya leva une main pour l’arrêter. Elle effleura Faith des doigts, lui désignant la sortie.

Faith sortit, laissant Anya avec un chiffon, polissant son trophée de collecte de fonds.

 

*

 

« Hé »

 

« Salut, Faith »

 

Faith regarda par la fenêtre, un tas de choses posées sur la commode, partout sauf Tara. Il y avait eu de nombreuses fois où elle avait voulu disparaître, aussi, à Boston. Mais ensuite, elle avait imaginé qu’elle obtiendrait assez de pouvoir pour montrer à tout le monde qu’il n’y avait pas moyen qu’ils se débarrassent d’elle. Alors elle avait décidé d’en faire des tonnes, de la jouer dure et mauvaise fille, de façon qu’au moins on ne puisse pas l’ignorer. Et quand son père ne put plus l’ignorer, il la frappa et la jeta dehors. Ainsi, peut–être s’effacer était plus facile. Si personne ne vous voit, vous n’avez pas de problème avec eux. C’est aussi simple.

 

« Comment ça va ? »

 

Les lèvres de Tara se fendirent de quelque chose qui était presque un sourire. « Pas trop mal »

 

« Bien » Faith tapa sur l’embrasure de la porte. « Bien. Ok. Cool. Reste comme ça » Elle se penchait d’un pied sur l’autre. « On se verra je pense… ». Elle s’éloigna de la porte.

 

« Faith… T-tu peux entrer si tu veux ». Tara poussa la chaise du bureau vers elle et s’assit sur le lit.

 

Faith prit une profonde inspiration et entra, retournant la chaise puis l’enfourchant. Tara sourit légèrement, ses mains posées sur le lit. Elles avaient l’air douces, tendres. Etrange comme la seule chose que pouvait voir Faith était l’acier qu’elle savait être en dessous. Le genre qui avait laissé Tara quitter la maison plutôt que de laisser son père faire pleuvoir des insultes et des coups sur elle parce qu’elle préférait les filles. La façon dont elle ne vous laisserait pas faire quoique ce soit qu’elle pense mal. Pas en disant quelque chose ou en faisant un discours mais simplement en vous faisant savoir qu’elle serait déçue si vous le faisiez.

 

De plus, elle embrassait d’une façon stupéfiante.

 

Je suis désolée de t’avoir crié dessus. Était-ce si dur à dire ? Je suis désolé d’avoir été une telle chienne. Je suis désolée de t’avoir traité de tous les noms. Faith savait qu’elle avait déconné, il ne devrait donc pas être si dur de faire des excuses. Mais les mots restaient collés dans sa gorge. Je suis désolée de t’avoir poussée. Elle ne voulait pas admettre ça, elle ne voulait pas être cette personne.

 

« Faith, je suis désolée de t’avoir laissé croire…. » Tara jouait avec des fils de son jean troué. « J-Je n’avais jamais d-dansé comme ça… Et les boissons… »

 

Et merde, ce n’était pas censé arriver. Tara n’était pas supposée être désolée. Ce n’était pas sa faute. Rien de tout ça ne l’était. Faith voulut se recroqueviller et devenir invisible plus que jamais.

 

« E-et quand tu m’as em-embrassée, je-je pensais… » Tara pencha la tête et toucha la main de Faith qui était posée sur le dos de la chaise. « Ma puce… N’as-tu jamais simplement embrassé quelqu’un ? Juste… pour l’embrasser ? »

 

Non. La réponse était simple. A chaque fois, on avait toujours essayé d’aller plus loin, d’obtenir quelque chose d’elle.

 

Tara dut le voir sur son visage parce que ses yeux s’agrandirent. « Oh, Faith. » Elle l’avait dit si doucement. Comme si elle se souciait d’elle après tout. Après tout.

 

Faith sentit sa gorge se fermer et se serrer, comme si quelqu’un pressait, l’empêchant de respirer. Elle reconnut cette sensation, la détesta. Elle ne pleurait pas. Jamais. Pas elle.

 

Pas depuis Boston.

 

Et soudain elle fut prés de Tara, sur le lit et Tara caressait ses cheveux et la tenait serrée si prés. Comment cela marchait ? Comment Tara était devenue soudainement la plus forte ?

 

Et Tara l’embrassa et tout fut si différent. Un chuchotement de lèvres contre les siennes. Faith voulut en goûter plus mais Tara s’éloigna puis se rapprocha de nouveau, avec de petits baisers qui la caressait comme les ailes d’un papillon. C’était si chaleureux, comme la confiance. Juste un contact qui lui disait que c’était bien de ne pas vouloir plus. C’était du réconfort, de la compassion. Faith essaya de se relaxer, de ne pas pousser ou presser mais de laisser Tara diriger. C’était difficile. Ses mains étaient agitées et elle ne savait pas où les mettre et ses hanches se soulevèrent instinctivement mais Tara les rappuya gentiment contre le lit.

 

C’était lent et doux et cela finit trop tôt.

 

Faith ouvrit ses yeux pour voir Tara à moitié à côté d’elle et à moitié au dessus d’elle. Quand exactement elles s’étaient allongées, elle ne savait pas. Mais ça n’avait pas vraiment d’importance.

 

« Et maintenant ? » demanda-t-elle.

 

« Maintenant… Rien » Répondit Tara. « C’est ça. Juste s’embrasser. »

 

« Je veux dire… Je suis désolée » dit Faith, parce que c’était facile; elle savait qu’elle était pardonnée. « Je suis désolée »

 

Elle embrassa Tara en retour, juste des baisers, lèvres et langues et dents. Doucement. Elle n’avait jamais fait doucement avant. Elle laissa aller et se recula et Tara lui sourit. Elle brossa les cheveux de Faith en arrière, du bout des doigts, comme des plumes.

 

« Je sais » dit-elle. « Merci. »

 

*

 

Anya l’observait de biais, étouffant un rire, alors que Faith était toujours au centre deux semaines plus tard, et que plus que ça, elle suivait tous les règlements. Faith essaya de lui faire baisser le regard mais elle avait un peu perdu du pouvoir de son regard-qui-tue et elle ne pouvait pas tout à fait faire revenir la colère.

 

Faith était à peu prés sure que Tara avait une sorte de magie sur elle, parce que ce truc de rester au même endroit n’avait jamais été elle. Mais maintenant en fait, elle était restée et était salement heureuse de l’avoir fait. Elle sortait Rover et Fido parce que Tara lui jetait des regards en coin à l’heure des corvées si elle n’en choisissait pas une. Elle gigotait dans les sessions de thérapie de groupe, avait du se pincer pour rester éveillée dans la classe d’écriture de résumé, mais elle était restée.

 

Et les après-midi, si il n’y avait rien d’autre à faire, elle suivait Tara dans sa chambre. Anya regardait d’un air tranchant, et poussait d’énormes soupirs souffreteux, mais Faith lui souriait juste d’un air affecté et l’ignorait. Les règles étaient les règles, mais une fois que vous saviez comment elles marchaient, vous pouviez les déformer comment vous aviez envie. De plus, Tara et Anya discutaient toute la journée dans de longues conversations impliquées, qui n’avaient de sens que pour elles deux et personne d’autre. Donc Anya savait probablement que Faith n’obtenait pas son « phénomène de fraternisation ». Pas encore.

 

« Pas encore » aurait dit Tara, avec un sourire charmeur, et Faith avait appris à laisser aller, à apprécier ce qu’elle avait, à le prendre pour ce que c’était. Les plus petits baisers ou contacts de Tara valaient mieux qu’une centaine de baises dans une ruelle, donc pourquoi combattre ?

 

Il y avait beaucoup de choses contre lesquelles elle ne se battait plus. Parfois Faith voulait sortir pour saccager quelque bar, juste pour l’action, trouvant un calme dans le mouvement qu’elle ne comprenait pas. Elle avait peur de rester assise. Vous étiez en sécurité si vous pouviez bouger – c’était le seul moyen de savoir que vous étiez libre. Tara pouvait rester assise sans bouger, excepter pour respirer, pendant des heures il semblait, et en la regardant Faith ne savait pas si elle devait l’envier pour ça ou pas. Mais elle mettait en sourdine l’urgent besoin de partir loin. Elle observait Tara et avait appris le calme, et quand elle ne pouvait plus tenir un instant de plus, elle sifflait Rover et Fido et les emmenait courir.

 

Elle revenait toujours et Tara était toujours là.

 

Elles pouvaient s’embrasser devant tout le monde sans aucune raison. Tout le centre savait. Faith entendait quelques personnes murmurer « Sale gouine » dans son dos mais elle avait entendu pire. Ressenti pire. Ces mots ne pouvaient la toucher maintenant.

 

Tara lui avait montré comment être forte en cédant.

 

« Relaxe-toi. » murmura-t-elle dans l’épaule de Faith, ses mains descendant le long de ses bras, la massant le long de leur course. Sa langue se glissa sous le col en V de Faith, suffisamment loin pour atteindre les courbes de sa poitrine. « Tu es si tendue »

 

« Jesus, Tar, bien sûr que je suis salement tendue quand tu fais…hum…ça… »

 

Tara laissa échapper un soupir silencieux, comme un rire. « Hum, je te rends si tendue ? Tu as besoin d’une bonne masseuse. »

 

« Non, j’ai besoin de toi ». Et Faith roula sur elle, traçant le coté de sa gorge de touches délicates. Tara gémit et souleva son menton, encourageant Faith à aller plus loin. « Tu aimes ça… ? »

 

« Oui… Faith… » Tara ouvrit les yeux et ils étaient plein de confiance, profonds et sombres comme le ciel au crépuscule. « Laisse moi enlever ça »

 

« Ouais ? » Faith laissa ses mains sur les hanches de Tara, puis glissa ses mains plus haut, promenant sa main sur la douce peau de son estomac, poussant sa chemise vers le haut. Tara s’assit à moitié et enleva sa chemise par dessus sa tête, puis se rallongea, souriant de la manière paresseuse et joyeuse qui était la sienne. Faisant savoir à Faith qu’elle était totalement entre ses mains.

 

Faith plongea sa tête pour placer des baisers sur l’estomac de Tara, la tenant toujours entre ses mains. Elle n’avait pas l’instinct de Tara pour les contacts tendres, les caresses douces plutôt que dures ou le contact urgent. Elle suça la courbe du ventre de Tara, grignotant et léchant, laissant des marques où elle passait. Tara lui malaxa les épaules, des gémissements minuscules éclatant de ses lèvres alors que Faith traçait les endroits sensibles de son corps. Faith releva la tête, poussant ses cheveux derrière son épaule de façon à ce qu’ils ne tombent pas entre elles. Elle replia un doigt sous la bretelle du soutien-gorge de Tara et le tira. « Et ça? »

 

Tara sourit. « Pas de problème ». Elle se souleva du lit et embrassa Faith, si profondément qu’on aurait dit qu’elle respirait son souffle. Faith l’embrassa en retour jusqu’à en être étourdie. Elle ne précipita pas mais guida Tara jusqu’aux plus petits endroits de sa bouche qui l’inondait d’électricité. Elle passa une main derrière Tara et décrocha le soutien-gorge ; avec l’autre main elle tira Tara prés d’elle jusqu’à ce que le baiser se termine de lui-même et que Tara soit à moitié nue sous elle.

 

« Tu es belle à crever » Elles n’avaient jamais été si loin, et soudainement Faith ne sut plus quoi faire, comme si en deux semaines elle avait oublié comment baiser, où aller ensuite avec ses lèvres et ses doigts.

 

Ou peut-être qu’elle n’avait simplement jamais appris ce qu’était ce qu’elles faisaient maintenant.

 

« T-Tu es trop habillée » indiqua Tara avec un brin de bégaiement. C’était la première fois qu’elle hésitait depuis qu’elles étaient ensemble et Faith savait qu’elle aussi était nerveuse.

 

« Tu veux ? » demanda-t-elle, balayant ses doigts au dessus du ventre de Tara, puis plus haut, jusqu’à ce que ses paumes caressent les mamelons de Tara.

 

« Ou-oui » Tara remonta ses deux mains pour prendre les joues de Faith et l’embrassa de nouveau. « Je veux te voir »

 

« Ok » Faith enleva son tee-shirt, heureuse de ne pas s’être encombrée d’un soutien-gorge aujourd’hui, et le jeta sur le sol. Le visage de Tara rougit au dessus d’elle d’une magnifique nuance de rouge.

 

« Faith…Allonge-toi ma puce. »

 

Faith fronça les sourcils mais fit ce qui lui était demandé. Tara déposa ses lèvres sur sa tempe, le point de son épaule, l’immersion sous son sein. Le pouls de Faith battait la chamade, semblant se concentrer sur chaque point que Tara embrassait. Tara explorait son corps, aussi calme et prévenante que pour tout ce qu’elle faisait. Faith ferma les yeux et la laissa faire. Sa respiration était dure et saccadée, et Tara savait déjà chaque point qui la désirait tant.

 

Quand la bouche de Tara atteint l’extrémité de son jean, Faith haleta et ouvrit les yeux. « Je pensais qu’on y allait doucement ? » dit-elle alors que Tara le déboutonnait et baissait le jean.

 

« C’est le cas… » acquiesça gravement Tara. « Nous allons juste un peu plus loin. Mais. Lentement »

 

« Oh, mon dieu. Je pense que ‘lentement’ va me tuer. L’ai-je mentionné ? »

 

« Oui, je crois me souvenir que tu l’aies dit. » Tara enleva le jean, laissant Faith nue et rougissante sous elle. Puis elle enleva son propre pantalon et s’allongea de nouveau. Elle embrassa Faith, prolongeant le baiser, lentement, salement, lentement. Faith gémit, la tira vers elle, la désira.

 

« Laisse-moi… » souffla Tara. « Bébé, laisse-moi… »

 

« Oh putain… Tara… »

 

« Attends » Elle se rassit et reprit sa tache plus bas. Ses doigts coururent le long des courbes de Faith. Faith sentit son souffle siffler entre ses dents. Tara sourit, de ce sourire espiègle et enjoué que Faith avait appris à connaître si bien ces dernières semaines. « Ce sera bien. Je le promets »

 

Faith força ses mains à rester immobiles. Tara la caressait si légèrement qu’elle le sentait à peine, et en même temps, c’était comme si Tara était exactement dans sa peau, ressentant ce qu’elle ressentait, le faisant ressortir.

 

Lorsque les doigts de Tara coururent entre ses cuisses, Faith gémit et se arqua vers le haut, recherchant plus de contact. Elle était humide et les doigts de Tara glissaient en elle si facilement. Elle bascula en avant, le plaisir se précipitant entre ses jambes.

 

« Plus fort… S’il te plaît… oh putain… »

 

« Non » Et Tara continua ses caresses qui la touchaient à peine. Elle était partout dans cette sensation, douce, délicate et si tendre, que cela faisait presque mal ; et si Faith se tendait, alors elle faisait une pause, attendait, patiente et sereine. « Relaxe-toi » lui murmura-t-elle.

 

Faith haleta et supplia et il n’y eut plus rien d’autre que Tara. Elle était juste sur le point de jouir et Tara la laissa attendre si longtemps, la sensation tintante du presque envahissant tout son corps jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus penser, plus bouger. Le monde était blanc et vide et il n’y avait rien nulle part jusqu’à ce que Tara dise «Allons-y» et elle relâcha son corps tout entier d’un coup. Tara tira l’extase de son corps, de plus en plus longtemps, et mon dieu, ça n’avait jamais été comme ça. Elle jouit en vagues, jusqu’à ce que le plaisir soit si fort qu’il en était presque de la souffrance ; doux et débordant ; et quand Tara l’embrassa, elle put le sentir dans tous les pores de son corps.

 

Tara lui avait fait l’amour à sa façon, délicate et profonde. Rien de plus puissant que la douceur. Rien de plus fort que la paix.

 

Et même lorsqu’elle roula par dessus pour lui faire l’amour en retour, Faith sut qu’elle n’avait jamais voulu que ce soit autrement.

 

*

 

« Faith ! Tu l’as fait ! » Tara enroula ses bras autour de Faith et déposa un baiser sur sa joue. « Je savais que tu pouvais »

 

Faith grimaça. « Ouais. Je crois que je l’ai fait » Elle chiffonna le chapeau du Doublemeat Palace dans sa main. « Mais je ne sais pas si je veux que tout le monde le sache malgré tout »

 

« Mais tu as un boulot. On devrait fêter ça »

 

« Tu fais de l’interim depuis trois semaines. Nous n’avons rien fait pour toi »

 

Tara renifla. «Oui, mais on devrait. J’y ai juste pensé la première »

 

Anya s’arrêta dans la salle commune et désigna Faith. « Tu n’as pas assez d’estime de toi, tu aimes bien paresser et si Tara ne t’avait pas poussée, tu n’aurais pas postulé pour ce boulot. Mais parfois tu fais les bons choix. »

 

Faith arbora un visage dégoûté. « La puanteur de la graisse indique que je suis nulle pour les décisions. Faire frire des hamburgers n’est pas la joyeuseté que la vidéo d’orientation voudrait faire croire.»

 

« Donc » fit Anya. « Douche toi deux fois et viens t’engager pour ma prochaine session d’équivalence du lycée. Les études sont le premier pas vers une carrière profitable, possiblement dans le commerce »

 

Faith secoua la tête. « L’argent n’est pas tout »

 

Anya la regarda froidement pendant une seconde, puis sortit de la pièce en marmonnant.

 

Tara se mit à rire. « Tu aimais bien l’argent la dernière fois que j’ai vérifié »

 

« Ouais. Mais j’aime mieux faire râler Anya » Faith jeta le chapeau sur le canapé, où, par décision d’Anya, elle ne dormait plus. Elle avait réarrangée la chambre de Tara comme double. « Mais faire la fête, je ne peux refuser. Nous pourrions aller danser ? » suggéra-t-elle, levant un sourcil.

 

« Tant que tu es là » Tara l’embrassa. « Je suis sûre que ce sera la meilleure fête de toutes »

 

Faith saisit Tara et l’attira dans ses bras. « Je crois qu’Anya avait raison après tout »

 

« A propos de ton équivalence du lycée ? »

 

« Non » Faith l’embrassa de nouveau, lentement, parce que lentement était bon, mais avec la promesse de plus vite et plus fort quand le temps viendrait. Ça n’avait pas d’importance que des gens puissent les voir ou qu’elles puissent foutre tout ça en l’air quelque part sur le bord de la route. Tara lui sourit, si tendrement et si fort , et ouais, c’était bien la meilleure décision qu’elle ait jamais prise. « A mon sujet » dit-elle. « Parfois, je fais les bons choix »

 

Fin.

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